jeudi, 05 novembre 2009
( Montpellier ) Des agents de mairie tendent la main à un SDF
« À la maison d'arrêt de Mende, quand "ils" nous voient débarquer, on est deux extraterrestres », lâche Annie. Il est vrai que les matons et l'administration pénitentiaire mendoise ont certainement peu d'occasions de voir arriver, pour un parloir, deux fonctionnaires de la municipalité montpelliéraine venues pour rencontrer un détenu avec lequel elles n'ont, a priori, aucune attache. Car l'histoire qui lie Annie, Danielle et Anthony est pour le moins singulière. Et trouve sa genèse entre les piliers de béton du parking souterrain de l'hôtel de ville.
Ainsi, un matin d'octobre 2008, l'une des femmes - toutes deux salariées de la Ville - découvre le jeune homme (25 ans à l'époque), assis sur un morceau de carton. Un jeune homme sans domicile fixe donc, « dans un état sanitaire
déplorable, sous-alimenté et qui n'arrivait même plus à avaler de la nourriture », se remémore Danielle.
Annie reprend :
« C'est ma collègue qui l'avait repéré en garant sa voiture. Au troisième jour, elle est allée le voir et lui a demandé s'il voulait de l'aide. Il a répondu oui. Quand il nous a interrogées pour savoir pourquoi on faisait cela, nous lui avons expliqué qu'il avait l'âge de nos fils. D'autant qu'il n'a personne. D'ailleurs, lorsque nous sommes allées le voir pour la première fois à la prison, en août, lui-même ne savait pas ce que c'était qu'un parloir ! »
Dès lors, les deux femmes vont tout mettre en oeuvre pour aider le jeune homme : rendez-vous chez le médecin, avec une structure d'accueil... Jusqu'au 2 février dernier, quand le garçon se fait pincer à la sortie d'une grande enseigne du Polygone, avec un blouson et un polo attrapés sur les étalages.
Là, la sanction est immédiate : le SDF est écroué après la décision d'un magistrat de révoquer un sursis antérieur auquel il avait été condamné lors d'une précédente affaire de vol. Et c'est hier matin que le jeune homme a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce dernier vol
Reste qu'au-delà de ce procès, les deux femmes sont bien décidées « à l'accompagner jusqu'à ce qu'il ait une vraie vie. Car il s'agit là d'une insertion, même pas d'une réinsertion. » De sacrées bonnes femmes, Danielle et Annie. Dont le propos reste modeste, mesuré. Mais (surtout) elles espèrent qu'un tel exemple servira (peut-être) de déclic.
source: midilibre.com
08:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : montpellier |







Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://brindecausette.hautetfort.com/trackback/2452542
Ecrire un commentaire