jeudi, 05 novembre 2009

( Rennes ) 50 personnes investissent des logements de fonction innocupés

 

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Les anciens logements de fonction de l'école du Gacet.

 

Depuis mercredi après-midi, l’association Droit au logement (Dal) a investi, boulevard du Portugal, les anciens logements de fonction de l’école du Gacet avec une cinquantaine de personnes à la rue. Essentiellement des hommes et des femmes de la République démocratique du Congo, de Chine et d’Arménie. Des personnes disposant d’un titre de séjour, mais sans hébergement depuis des mois.

 

« Il n’est pas normal qu’autant de gens, dont des femmes enceintes et des enfants, ne puissent pas trouver de solutions d’hébergement à Rennes et soient obligées de rester dans la rue, s’indigne Yannick, du Dal. La municipalité ne prend même plus la peine de dépêcher sur place un élu et demande l’expulsion quasi immédiate des logements municipaux vides que nous occupons. » À savoir que la trêve hivernale des expulsions ne s’applique pas à ces personnes.

les femmes sont plus touchées par la pauvreté que les hommes.

En 2008, l'association a accueilli davantage de personne que l'année précédente. Une hausse de 2,3% sur un an, qui traduit mal certaines inégalités : les femmes sont plus touchées par la pauvreté que les hommes.

 

Le Secours catholique a enregistré une hausse de 2,3% de fréquentation en un an (Sipa)

Le Secours catholique a enregistré une hausse de 2,3% de fréquentation en un an (Sipa)

Le Secours catholique a accueilli dans ses centres en 2008 plus de personnes en difficulté que l'année précédente, et note dans son rapport annuel à paraître jeudi 5 novembre une "précarité féminine" en "constante augmentation ces dernières années". Les femmes représentaient l'année dernière 54,4% des adultes rencontrés dans les antennes de l'association.
Par ailleurs, l'organisation caritative rappelle que "le phénomène le plus marquant de ces dix dernières années est l'augmentation, dans les accueils, de la part des personnes âgées de 50 ans et plus"


Une hausse de 2,3% sur un an


Le rapport, qui porte sur l'année 2008, souligne que le Secours catholique a aidé l'an dernier 1.450.000 personnes (780.000 adultes et 670.000 enfants) représentant 633.000 "situations de pauvreté", c'est-à-dire "des personnes ou des familles en difficulté".
Le Secours catholique note une hausse de 2,3% sur un an. Il comptabilisait en 2007 quelque 629.500 "situations de pauvreté".
Selon le Secours catholique, en 2008, 90% des personnes accueillies vivaient sous le seuil de pauvreté, alors que la proportion de personnes qui ont un emploi progresse depuis 2004, passant entre 2004 et 2008 de 19,3% à 20,9%.
Parmi ces personnes, 38,3% occupaient un emploi à temps partiel (y compris des emplois aidés) l'année dernière, un chiffre en légère baisse par rapport à 2007 où la proportion était de 39,7%.
Par ailleurs, entre 1999 et 2008, la part des plus de 50 ans parmi les personnes accueillies est passée de 6,8 à 8,4%.


Les femmes "frappées de plein fouet par la pauvreté"


Le Secours catholique rappelle également que "les femmes sont frappées de plein fouet par la pauvreté", avec selon les chiffres de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) par rapport à l'ensemble de la population "13,9% d'entre-elles concernées, contre 12,5% des hommes".
"Ces constats se retrouvent au Secours catholique puisqu'en 2008, les femmes représentent 54,4% des adultes rencontrés, contre 45,6% pour les hommes", selon le rapport de l'association. Elle précise que le nombre de femmes accueillies a progressé de 3,4% entre 1989 et 2009.
Six femmes sur dix accueillies vivent seules, avec ou sans enfant, une solitude qui "rend plus vulnérable à la pauvreté", selon le Secours catholique. Celui-ci souligne que la proportion de femmes seules rencontrées dans les antennes de l'association est passée de 49,5% en 1989 à 60,3% en 2008.

(Nouvelobs.com)

 

rapport complet du secours catholique 2008 (80 pages)

Rapport-Statistique-2008-Secours-Catholique.pdf

 

 

 

 

 

( Montpellier ) Des agents de mairie tendent la main à un SDF

« À la maison d'arrêt de Mende, quand "ils" nous voient débarquer, on est deux extraterrestres », lâche Annie. Il est vrai que les matons et l'administration pénitentiaire mendoise ont certainement peu d'occasions de voir arriver, pour un parloir, deux fonctionnaires de la municipalité montpelliéraine venues pour rencontrer un détenu avec lequel elles n'ont, a priori, aucune attache. Car l'histoire qui lie Annie, Danielle et Anthony est pour le moins singulière. Et trouve sa genèse entre les piliers de béton du parking souterrain de l'hôtel de ville.


Ainsi, un matin d'octobre 2008, l'une des femmes - toutes deux salariées de la Ville - découvre le jeune homme (25 ans à l'époque), assis sur un morceau de carton. Un jeune homme sans domicile fixe donc, « dans un état sanitaire déplorable, sous-alimenté et qui n'arrivait même plus à avaler de la nourriture », se remémore Danielle.
Annie reprend :

« C'est ma collègue qui l'avait repéré en garant sa voiture. Au troisième jour, elle est allée le voir et lui a demandé s'il voulait de l'aide. Il a répondu oui. Quand il nous a interrogées pour savoir pourquoi on faisait cela, nous lui avons expliqué qu'il avait l'âge de nos fils. D'autant qu'il n'a personne. D'ailleurs, lorsque nous sommes allées le voir pour la première fois à la prison, en août, lui-même ne savait pas ce que c'était qu'un parloir ! »

Dès lors, les deux femmes vont tout mettre en oeuvre pour aider le jeune homme : rendez-vous chez le médecin, avec une structure d'accueil... Jusqu'au 2 février dernier, quand le garçon se fait pincer à la sortie d'une grande enseigne du Polygone, avec un blouson et un polo attrapés sur les étalages.
Là, la sanction est immédiate : le SDF est écroué après la décision d'un magistrat de révoquer un sursis antérieur auquel il avait été condamné lors d'une précédente affaire de vol. Et c'est hier matin que le jeune homme a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce dernier vol


Reste qu'au-delà de ce procès, les deux femmes sont bien décidées « à l'accompagner jusqu'à ce qu'il ait une vraie vie. Car il s'agit là d'une insertion, même pas d'une réinsertion. » De sacrées bonnes femmes, Danielle et Annie. Dont le propos reste modeste, mesuré. Mais (surtout) elles espèrent qu'un tel exemple servira (peut-être) de déclic.

source: midilibre.com

 

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