vendredi, 20 mai 2011

Bilan d’étape mitigé pour les SIAO

La journée thématique nationale organisée mardi 10 mai 2011 par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a permis de dresser un premier bilan de la mise en place des Services intégrés de l’accueil et de l’orientation, pilier de la refondation de l’accueil des personnes sans abri et mal logées.

« Nous sommes à la croisée des chemins », a indiqué Nicole Maestracci, présidente de la Fnars, en ouverture de cette journée d’étude du 10 mai qui a rassemblé associations et agents des collectivités locales, acteurs de l’accueil des mal logés.
« Nous ne pouvons pas revenir en arrière tout en constatant les difficultés à mettre en œuvre les SIAO », a-t-elle analysé.

Lancés en novembre 2009 par Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement, dans le cadre du grand chantier national 2008-2012 qui vise à refonder la politique d’hébergement, les SIAO ont pour mission d’assurer, selon le secrétaire d’Etat, « la continuité de la prise en charge », une « égalité face au service rendu » et « une adaptabilité des prestations aux besoins des personnes ».

Opérateur unique – Concrètement, chaque SIAO est conçu comme une plate-forme unique de mise en relation de l’ensemble de la demande et de l’offre, au niveau départemental.
Toute place disponible doit lui être signalée et un référent unique doit accompagner le bénéficiaire jusqu’à une solution de logement pérenne. Le SIAO est géré par un seul opérateur, par exemple un CHRS, choisi collégialement par l’ensemble des structures ou désigné par la préfecture.

Alors que le calendrier officiel prévoyait une mise en place sur l’ensemble du territoire au plus tard au 15 septembre 2010, le secrétariat chargé du Logement indique que, en mars 2011, 99 départements avaient ouvert un SIAO et que 68 étaient « en capacité de centraliser les demandes ».

 

suite de l article :  la gazette des communes

( Toulouse ) Expulsion de travailleurs sociaux et de SDF, la justice déboute l'Etat

Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté mercredi 11 mai la demande de l'Etat d'expulser des travailleurs sociaux et des SDF occupant un bâtiment public inoccupé du centre de Toulouse, a-t-on appris auprès des avocats. Le juge des référés a considéré dans ses attendus "irrecevable" la requête de la préfecture, qui réclamait une expulsion "sans délai" des membres du Groupement pour la défense du travail social (GPS) en raison du danger présenté selon elle par les bâtiments et de leur insalubrité.

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"C'est un camouflet pour le préfet", a déclaré l'un des avocats du GPS, Julien Brel. "La préfecture a été particulièrement cavalière avec cette procédure, a-t-il estimé, en n'apportant la preuve de rien". "Encore heureux qu'on est encore dans un état de droit", s'est-il réjoui."Le bien en cause n'est en aucun cas insalubre ou vétuste, pas plus qu'il ne représente un quelconque danger, y compris sanitaire, pour les personnes qui l'occupent", estime le juge des référés dans son ordonnance.

Le GPS occupe depuis le 26 avril des locaux de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), inoccupés pour certains depuis près de deux ans, où ils abritent, selon eux, sept à huit SDF "en grande précarité" par nuit. Dans une autre partie du bâtiment, trois familles de demandeurs d'asile sont hébergées en permanence. "C'est une belle victoire, un symbole fort" s'est réjoui un membre du GPS joint au téléphone, Pierre Cabanes. L'Etat, qui est par ailleurs condamné à payer les frais du procès, a 15 jours pour faire appel.

 

lemonde.fr

( Bordeaux ) 50 casiers, pas plus, pour la bagagerie

Riverains et mairie vont peaufiner ensemble le projet de consigne pour les personnes sans domicile fixe (SDF).

 

La mairie a dû revoir à la baisse son projet de bagagerie pour les sans domicile fixe (SDF), rue Ausone. Riverains et commerçants avaient grimpé aux rideaux en découvrant les travaux sans en avoir été informés, redoutant surtout le nombre de casiers annoncés. Finalement, au lieu de 150, il n'y en aura que 50. Comme à Paris où une telle structure, peu fréquente dans les autres grandes villes, existe déjà.

Du coup, les habitants et les élus concernés ont fini par trouver un accord à l'issue d'une réunion, mercredi soir. Comme l'avait proposé Alexandra Siarri, adjointe chargée de la lutte contre les nouvelles précarités, le mode d'emploi du lieu (horaires, conditions d'admission, surveillance…) sera élaboré par des groupes de travail réunissant habitants et élus. Alfredo Julio, président de la ronde des quartiers, avait notamment suggéré que la consigne puisse accueillir les bagages des touristes. « Ça peut s'envisager », estime Laurence Dessertine, l'adjointe du centre-ville, qui animera pour sa part des concertations sur les nuisances du quartier Saint-Pierre (bruit, propreté…)

 

La Case aussi

Durant la réunion, l'installation de la Case (centre de soins pour toxicomanes) rue Saint-James a été évoquée en présence des commerçants concernés. « On est bien conscients que ce genre d'endroits est nécessaire. Mais pourquoi tout concentrer au centre-ville, dans des secteurs, place du Palais ou rue Saint-James où les commerçants font des efforts de revitalisation ? », demande Stéphane Pusateri, de l'association des riverains et résidents de Bordeaux.

Mais c'est mardi que la Case sera à l'ordre du jour d'une nouvelle soirée chaude.

 

sudouest.fr

mardi, 10 mai 2011

( Caen ) des portraits de SDF s’affichent sur les murs de la ville

Les SDF habillent les murs de la ville de Caen

 

Depuis quelques jours, on voit fleurir sur les murs de Caen et sa banlieue de biens étranges portraits. Des personnes chevelus, fatiguées, à l’âge incertains, et pourtant ces personnes nous les côtoyons depuis des années dans la rue, nous avons même rigolé avec certains d’entre-eux mais à la vue de ces portraits nous sommes incapables de nous souvenir qui ils sont. Un bien bel hommage de la part d’artistes Caennais qui ont voulu immortaliser les portraits de ces SDF Caennais. Ces œuvres interpellent, choquent et rendent durant un instant éphémère un semblant de célébrité à ces SDF.

 

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En espérant que ces œuvres ne soient pas arrachées trop hâtivement pour que le maximum de personnes puisse en profiter. Ces portraits et dessins saisissants sont signés  par un collectif caennais de street-art, baptisé « Murmure ».

 

source : norman buzz

( Saintes ) Les SDF ont la parole

Le Caméra photo club de Saintonge tourne à l'accueil de jour.

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Au départ, ils étaient quatre à l'initiative du film ; ils ne sont plus que deux. Ismaël Emery, accompagnateur social à l'association Tremplin 17, et Patrick Reunavot, directement concerné par le problème, sont partis de l'idée de tourner un documentaire qui relate l'univers des sans domicile fixe (SDF) et son évolution depuis l'ouverture de l'accueil de jour, rue Saint-Pallais, il y a six ans. « Nous fêterons le sixième anniversaire le 11 juin et le film sera projeté à cette occasion », annoncent les intéressés.

Pour mener à bien ce projet, ils ont fait appel au Caméra photo club de Saintonge qui a, tout de suite, donné son accord. Leur travail a débuté le mois dernier. « Nous avons construit un synopsis avec ceux qui fréquentent l'accueil de jour. Ce sont des gens assez réservés, ce que l'on peut comprendre, et il n'a pas été facile de les faire parler devant la caméra. Nous avons eu cependant d'excellents contacts et je suis content de les avoir connus. J'ai découvert un monde que je ne connaissais pas », confie Jean-Claude Pricart, le président du club.

Une base de travail

Le public marginalisé a été interviewé, mais pas seulement. « Il y a les voisins de l'accueil de jour, des professionnels… Nous allons même interroger le maire, Jean Rouger, demain », fait remarquer Ismaël Emery. L'objectif est bien de parler de la situation des SDF à Saintes, comment ils peuvent cohabiter avec le voisinage, la notion de citoyenneté, leur accès aux soins, aux loisirs, aux hébergements d'urgence… « En six ans, beaucoup de choses ont évolué dans le bon sens », assure l'accompagnateur social. En tout cas, nous sommes satisfaits du rendu du film. L'idée était aussi de mettre en avant le réseau qui s'est créé pour aider ce public marginalisé. Il existe maintenant un vrai maillage. »

Pour Patrick Reunavot, ce film de vingt-cinq minutes « pourra servir de base de travail pour aller plus loin et susciter le débat. » Celui-ci rappelle qu'un documentaire un peu similaire, intitulé « Un toit pour tous », a été réalisé à La Rochelle il n'y a pas si longtemps. « Il a contribué à libérer la parole. J'ai remarqué que les jeunes étaient notamment assez intéressés par la question de la précarité », constate t-il.

L'équipe du film a prévu d'effectuer un micro-trottoir, caméra sur l'épaule, au marché Saint-Pierre, samedi matin. Pour, cette fois, interroger monsieur et madame tout le monde. Ils espèrent recevoir un bon accueil et briser la barrière des a priori.

 

Saintes · Jean Rouger · Charente-Maritime   sudouest.fr

 

Un SurSo et une grosse colère impuissante face aux problèmes des sans-abri

L’assemblée générale du service d’urgence sociale de Mulhouse SurSo s’est conclue par un débat animé, avec des responsables associatifs qui ne savent plus comment venir en aide aux personnes sans domicile.

 

« Le problème de l’hébergement est vital, il y a des familles et des enfants sans toit. Certains d’entre nous sont en colère, c’est une situation humanitaire difficile à vivre pour tout le monde. On cherche une action, mais, en attendant, les gens sont à la rue. » En ouvrant ainsi les débats après l’assemblée générale du service d’urgence sociale mulhousien SurSo, mercredi soir, Véronique Vogel, d’Espoir Mulhouse, résumait le sentiment général de colère et d’impuissance.

 

« Ni respectueux ni digne »

Une frustration clairement mise sur le compte de l’État. « Il y a une véritable stratégie de mensonge de la part des gens en responsabilité, particulièrement l’État, accuse Raymond Kohler, responsable du 115 et président de la Fnars Alsace (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale). On a l’impression qu’on nous reproche d’avoir créé l’exclusion pour faire fonctionner nos centres ! Ce n’est ni respectueux ni digne. »

Pour comprendre cette colère, deux chiffres : mardi soir, 75 personnes dont dix familles n’ont pas pu recevoir de proposition d’hébergement du 115 — le numéro de l’urgence sociale.

Parallèlement, la situation de blocage dans les discussions avec le préfet sur la mise en place du système intégré d’accueil et d’orientation (Siao) — opérateur unique de l’hébergement des sans-abri exigé par le gouvernement — irrite passablement. « On a fait un projet autour de SurSo, on nous dit qu’il n’est pas bon mais on ne nous propose rien en face », s’énerve Raymond Kohler.

Une opinion partagée par Dany Lauton, de l’association Solidarité femmes de Saint-Louis : « On était un peu naïfs, on a présenté le projet qui nous semblait le plus favorable aux usagers et on a cru qu’on allait nous prendre au sérieux. On s’est juste entendu dire que les décisions n’étaient pas négociables ! »

 

Porter plainte au pénal ?

Après ce sentiment d’impuissance face aux pouvoirs publics, nombreuses furent les voix à s’élever pour réclamer une action, si possible commune. « On est à un an des élections présidentielles, il faut aller à toutes les réunions politiques pour dire"ça suffit"», propose Raymond Kohler, tandis que Gérard Moine, président mulhousien de la Ligue des droits de l’homme s’interroge : « Est-ce qu’il faut aller jusqu’à porter plainte au pénal contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui ? »

Pas très à l’aise, le président de SurSo Henri Metzger a tenté d’apaiser le débat : « Il faudrait arriver à faire front, à mettre tout le monde autour d’une table pour prendre des décisions en commun. » Certes, mais concrètement ? Une suggestion de la salle : « Le nouveau préfet a été désigné, il faut lui demander un rendez-vous avant qu’il n’arrive. » Accord — un peu mou — du public.

En revanche, tout le monde s’est accordé pour affirmer : « Nous dressons un constat d’impuissance, mais on ne peut pas se quitter comme ça ! » Suite au prochain épisode…

 

 

le 06/05/2011 à 00:00 par Textes : Olivier Chapelle  lalsace.fr

Sans-abri à Paris l’hiver. Où sont-ils ? Combien sont-ils ?

L’Observatoire parisien de l’insertion et de la lutte contre l’exclusion a été créé officiellement à l’automne 2009, sous la présidence d’Olga Trostiansky, adjointe chargée de la solidarité, de la famille et de la lutte contre l’exclusion.

L’objectif de la mairie, qui a consacré en 2009 un budget de 240M€ pour lutter contre l’exclusion, était, grâce à cet Observatoire, de « Mieux connaître la pauvreté pour mieux agir ».

Une première cartographie de la présence des sans-abri a été réalisée à Paris, ainsi qu’un comptage, établi à partir des « cahiers de signalement » des équipes mobiles des 4 associations qui se répartissent la capitale par quart, et coordonnent leurs maraudes.

Ainsi les regroupements des différentes populations de sans-abri ont-ils pu être localisés. Le document établi, sans avoir la précision d’un recensement, permet de dessiner et de mesurer l’ampleur de cette très grande précarité parisienne.

Dans ce triste classement, le secteur République-Stalingrad vient en tête. C’est là que les maraudes sont le plus sollicitées. Ensuite viendraient les abords des grandes gares où survivraient, près de celles du Nord et de l’Est, quelque 600 sans-abri, selon une étude qui daterait elle de 2008. Les quartiers du Centre, dont les Halles et l’axe Sébastopol-Strasbourg suivraient, puis le Bois de Vincennes et les abords du périphérique.

L’Observatoire se garde bien de parler d’un recensement des sans-abri dans la capitale, mais Olga Trostiansky évoque entre 3 000 et 4 000 personnes qui dormiraient dans la rue. Selon un travailleur social cité par le Parisien : « Si l’on tient compte aussi des personnes qui disposent de solutions d’hébergement temporaire, on est sans doute plus proche des 15 000 personnes concernées par le plan hivernal » que la mairie installe le 24 ou le 25 novembre à Paris.

 

André Balbo

sources : Actionsociale.weka.fr, L’Observatoire parisien de l’insertion et de la lutte contre l’exclusion, Le Parisien

 

document et cartographie  923330610.pdf

Homeless World Cup du 21 au 28 Août 2011.

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Le Champ de Mars à Paris verra se dérouler la Paris 2011 Homeless World Cup du 21 au 28 Août 2011.

 

64 équipes nationales de sans abris seront unies pour un tournoi international d’exception afin de lutter contre la vie dans la rue.

jeudi, 05 mai 2011

Les chiens des SDF choyés pour aider les maîtres

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L'association Gamelles pleines a imaginé cette manifestation, dimanche, au Village de la Cotonnière, lieu d'hébergement de SDF en insertion. Trente chiens ont été examinés.
L'initiative

 

Une animation inhabituelle rythme le Village de la Cotonnière, ce dimanche. Ce lieu héberge des SDF en insertion dans des chalets. Les chiens, fidèles et proches compagnons d'hommes et de femmes à la rue, sont les invités du jour. Consultations vétérinaires, vaccination, identification, admission de vermifuge, d'anti-puces, conseils en éducation canine... « C'est un peu à la carte, pour des tarifs symboliques », précise Yohann Sevère, à la tête de l'association Gamelles pleines, initiateur et en partie financeur de ce premier « Printemps des chiens de la rue ».

La liste compte trente-trois inscrits, « dont cinq maîtres résidant ici », ajoute Nathalie Charles, directrice du Village de la Cotonnière, structure d'Adoma. Dans une salle, quatre vétérinaires, équipés d'une blouse et d'un stéthoscope, examinent ces animaux « plutôt en bonne santé. Globalement, ils sont en règle, bien suivis par leurs maîtres ». Une habitude chez les gens de la rue qui préfèrent se priver pour nourrir et soigner leur chien. « Ils n'ont pas vraiment de problèmes de comportement », affirme un spécialiste, Pascal Tréhorel, éducateur canin référencé à la préfecture. « Vous allez vous promener sur la digue de Lion-sur-Mer, ça s'accroche beaucoup plus... », lance une vétérinaire.

 

« Vacciner le petit dernier »

Greg, 30 ans, est entouré de Thaï, 8 ans et demi, sa fille Léa, 7 ans, et Loky, 7 mois et demi. Tenus en laisse, ils ne bronchent pas. « Je suis surtout venu faire vacciner le petit dernier. » Originaire de la région parisienne, Greg vit dans son camion : « Je gère. » L'hiver, il remonte du sud, où il fait « les saisons », pour passer l'hiver à Caen. Dans un squat sur la presqu'île, en communauté.

Avec lui, Nanas, une brune de 23 ans originaire de Reims, « à la rue depuis six ans ». Elle aussi se débrouille. Elle a amené Lintcha, 6 ans, et son fiston, Paupiette, 4 ans. Deux grands gaillards à quatre pattes. « Ils avaient besoin de vermifuge et d'anti-puces. Mais sinon, ils sont en règle depuis un moment. »

Les animaux se croisent, jouent, s'allongent dans l'herbe. Là, pas de regards en chien de faïence. « Ils sont habitués en meute », explique Nanas. En attendant de repartir cueillir tomates et fraises en Espagne, vendanger dans le sud, elle, Greg et les autres vivent ensemble. Les Caennais les croisent près du théâtre, du Mc Do ou au château. Parfois, les passants détournent le regard à la vue de leurs piercings, tatouages, tenues vestimentaires originales, de leurs chiens... « On est là, c'est tout. On ne fait rien de mal », lâche Greg, en haussant les épaules.

Quelles que soient ses actions, Gamelles pleines vise à « aider le maître par l'animal. Un chien, pour un SDF, c'est un membre de sa famille. Ce genre de manifestation est une excuse pour créer un lien. Ça se fait simplement. Et ce qui est fait ne sera pas à refaire l'an prochain ».

À Caen, cinquante chiens, « dont les maîtres se trouvent dans une situation précaire », avaient préalablement été identifiés à la Boussole, lieu d'accueil de jour des sans-abri.

 

 

Nathalie HAMON.  Ouest-France  

 

lundi, 25 avril 2011

Hébergements d'urgence: 20% des appelants du 115 ont entre 18 et 24 ans

PARIS — Une personne sur cinq qui appellent le 115 pour un hébergement d'urgence, a entre 18 et 24 ans et se retrouve dans cette situation en raison d'une rupture familiale, révèle une étude de l'Observatoire national du 115 (Fnars), publiée jeudi dans La Croix.

Selon l'étude menée à partir des données fournies par 15 départements, 6.326 jeunes de 18 à 24 ans ont sollicité le 115 en 2010, soit 20% de la population qui appelle ce numéro d'urgence, explique la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), qui représente environ 90% des centres d'hébergement d'urgence.

Parmi eux, une majorité sont des hommes (61,9%), et sont seuls (51%). 21% sont des femmes seules, 6% sont des couples avec enfants, 11% des couples sans enfants et 6% des femmes seules avec enfants.

Pour 26% des jeunes qui composent le 115 et qui expliquent la raison pour laquelle ils ont besoin d'un hébergement d'urgence, la rupture familiale ou conjugale est la première cause évoquée.

Arrivent ensuite le départ du pays d'origine (7,6%), le départ du département d'origine (6,2%), et l'expulsion ou la perte de logement (3,9%).

Au total, les jeunes ont fait 90.399 demandes d'hébergement pour une nuit, dont 85% ont donné lieu à un hébergement, soit un taux d'attribution supérieur à celui de la population générale (64%).

53% d'entre eux ont obtenu une place dans un centre d'hébergement d'urgence, et 38% dans un hôtel.

L'absence de place disponible constitue le premier motif de non attribution d'un hébergement. La deuxième raison est que le jeune n'a pas rappelé le 115, une procédure nécessaire dans certains départements quand le 115 n'est pas en mesure d'apporter immédiatement une réponse.

 

source afp

De plus en plus de jeunes se retrouvent à la rue

Une analyse de l’Observatoire National du 115, réalisée en exclusivité pour « La Croix », dresse un constat inquiétant sur la prise en charge des jeunes SDF en France.


Il y a un mois, Lonka, 23 ans, dormait encore sur les bancs parisiens. Jusqu’à ce qu’il soit dirigé vers la permanence sociale d’accueil (PSA) de Belleville, structure dédiée aux jeunes sans toit.

Les travailleurs sociaux de la capitale n’ont eu qu’une alternative à lui proposer : une mise à l’abri à La Mie de Pain, centre d’hébergement d’urgence du 13e arrondissement, essentiellement fréquenté par les « vieux routards », SDF depuis des années déjà.

Car il n’y avait plus aucune place disponible dans les foyers de jeunes travailleurs, ou dans n’importe quelle autre structure adaptée aux jeunes.

Ce soir, Lonka est le premier arrivé dans l’un des boxes de 9 m2 prévus pour accueillir… huit personnes chacun. Le garçon commence à déballer quelques affaires, mais il dit avoir peur. « Dans la nuit, les gens allongés au-dessus de ta tête te crient dessus ou t’agressent sans aucune raison, raconte-t-il en fixant son regard sur les lits superposés. Je reste sur mes gardes jusqu’à l’aube, puis je retourne dans la rue. »

Emmanuel Coursier, responsable de La Mie de Pain, admet que son centre n’est qu’un dernier recours. « Ce n’est pas la place d’un jeune, ici nous ne proposons aucun suivi social », explique-t-il.

 

La part des jeunes est passée à 10%

 

Lire la suite de l’article :

http://www.la-croix.com/De-plus-en-...

( LIlle ) La ville n'est pas chienne avec les SDF

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A Lille, l'animal de compagnie n'est plus un handicap pour la réinsertion de jeunes errants

 

Opération vaccination. François attend sagement son tour sur le trottoir avec Tania, un dogue argentin de deux ans. Voilà un peu plus d'un an que l'association de réinsertion Itinéraires travaille en collaboration avec la mairie de Lille pour accueillir les jeunes avec des chiens. Il y a un an et demi, la fermeture de petits bureaux de poste a privé François de son emploi. « J'étais chauffeur et je devais signer un CDI, raconte-t-il. Je me suis retrouvé à la rue. » Seul avec sa chienne. « C'est une brave bête malgré son air méchant », rigole-t-il. Comme beaucoup de SDF, l'attachement à son animal lui ferme de nombreuses portes. A commencer par celles de la plupart des foyers d'accueil. Alors quand il a appris l'existence, à Lille, d'un accueil de jour qui acceptait les toutous, il a pointé le museau.
Aujourd'hui, au local d'Itinéraires, rue Delesalle, la vaccination n'est pas lui, mais pour sa chienne. Une fois par mois, des vétérinaires volontaires consultent au local, sous l'œil des trois éducateurs. « L'animal peut devenir un support et non un frein pour aider à réinsérer ces jeunes. Le fait que les éducateurs s'occupent aussi des chiens renforce le climat de confiance », souligne Vincent Dubaele, président de l'association. Car ces jeunes ont souvent un lien très fort avec leur animal. « Je préfère dormir sous une tente avec ma chienne que dans un foyer sans elle », avoue Bruno qui arrive de Sète avec Kenza. Même pour effectuer les démarches administratives, il a du mal à s'en séparer.
Pour Roger Vicot, adjoint (PS) chargé de la sécurité à Lille, l'expérience d'Itinéraires permet aussi de « résoudre le problème sanitaire des chiens en ville ». Même si leur état de santé est particulièrement bon, comme le constate Philippe Gossaert, vétérinaire à Tourcoing. « Brisons les idées reçues ! assure-t-il. Ces bêtes sont très bien entretenues et pas plus méchantes que d'autres. » Bruno peut ôter la muselière à Kenza. « Pour remercier le véto, j'ai donné une pièce à son asso, glisse-t-il. ça me coûterait trop cher d'aller dans un cabinet ». Laure est venue pour mettre à jour les vaccins. « Les flics ne m'ont jamais demandé les papiers du chien, explique-t-elle, mais où je suis hébergée, il faut qu'il soit en règle. »

Gilles Durand  20minutes.fr

 

Les SDF bénéficient d'une vraie chambre de passage - Saint-Pierre-sur-Dives

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Pourquoi ? Comment ?

Quelle est la raison d'avoir une chambre de passage pour les SDF ?

Alain Herbeth, le maire explique : « Il s'agit là d'un équipement nécessaire à toute ville. C'est un geste indispensable pour tous les êtres humains qui sont sortis du chemin. Peut-on laisser dormir dehors un SDF, surtout l'hiver ? On se doit de tendre la main à ces personnes. Cela existait déjà ici mais le local était au bord de l'insalubrité. »

Y a-t-il souvent des demandes ?

Une telle structure est uniquement réservée aux gens de passage et pour une durée de 24 heures Ce n'est en aucun cas un endroit définitif. La chambre précédente servait une trentaine de fois par an, surtout en période hivernale.

Quelles sont les caractéristiques de ce local ?

Il est conçu pour recevoir une personne. Il y a un lit, une table, un réchaud électrique, un peu de vaisselle. Une douche existe avec accès pour handicapés, un WC, un radiateur. Le tout est conçu pour résister au vandalisme et de telle façon que le nettoyage puisse s'effectuer facilement.

Comment les personnes qui ont besoin de cet abri doivent-elles procéder ?

C'est le 115 qui contacte la mairie pour savoir si le local est libre ou non. En cas de fermeture de la mairie cela relève de la gendarmerie, laquelle possède une clé de la chambre. Les arrivants seront tenus de donner leur carte d'identité à l'entrée, ils la récupéreront à leur départ après un état des lieux.

Le coût de cette création ?

La dépense totale est de 32 500 €, mais la Ville a reçu une aide d'un peu plus de 50 % de l'agence nationale pour l'amélioration de l'habitat.

 

source: ouestfrance

 

mardi, 19 avril 2011

30 avril : fete des precaires

affichepetit.jpg Le samedi 30 avril 2011, comme chaque fin de mois, ça fera déjà dix jours que nous serons à découvert. 

Nous sommes salarié-e-s au SMIC, en CDD, en Interim, à temps partiel, en Contrat Unique d’Insertion, stagiaires de longue durée à 30% du SMIC, bac + 5 en Service Civique à 540€ par mois, auto-entrepreneurs, pigistes, intermittents, chômeurs en interim, travailleuses au black au RSA, travailleurs au black, jeunes n’ayant pas droit au RSA, saisonniers, étudiants-salariés… Nous galèrons pour trouver un emploi et un logement, pour payer le loyer.

Nous galérons pour remplir le caddie chez ED. Nous voulons vivre, pas survivre. Nous voulons payer des impôts. Nous voulons payer nos restos, aller au ciné, partir en vacances, arrêter de taxer nos parents, avoir le temps et la place pour élever des enfants, nous doucher avec du gel douche bio, manger du filet de bœuf plutôt que des surgelés, aller chez le dentiste pour retrouver le sourire.

Notre précarité est une insulte au passé, alors que nos parents et nos grands-parents ont travaillé pour notre accès à l’éducation, à la sécurité sociale, pour le droit du travail, et pour notre liberté. Privés de stabilité et soumis à la flexibilité, notre avenir est hypothéqué. “C’était mieux Avant”, on finit par le croire. Parce que nous refusons cette fatalité, nous ne nous laissons pas abattre par ce manque de perspective.

Nous sommes des millions ! On se croise tous les jours dans la rue, dans le métro, au boulot, dans les facs, à Pôle Emploi ou à la CAF, ou à l’heure de l’apéro. Nous sommes éparpillé-e-s et isolé-e-s.

 

 

Le samedi 30 avril, rassemblons-nous. A défaut de se payer notre brin de muguet du 1er mai, célébrons le pissenlit pour ne pas le manger par la racine. Avant la fête des travailleurs, retrouvons-nous pour la journée du Pissenlit, fête des précaires. Ce jour là, rendons nos galères visibles. Quelles que soient vos convictions, vos revendications, votre situation, rejoignez nous. En écho à l’énorme mobilisation des précaires portugais le 12 mars, nous vous donnons rendez-vous à Paris tout au long de la rue de Lisbonne, pour un défilé festif, pacifique et non-partidaire contre la précarité. Fabriquez pour l’occasion vos propres panneaux, pancartes, banderoles, et inscrivez-y vos coups de gueules et vos messages. Rendez-vous le samedi 30 avril pour un défilé festif, pacifique et non-partidaire !   

 

le site : fetes des precaires

 

 

Carole, 28 ans, salariée depuis 10 ans, au SMIC, encore dépendante de ses parents.

Xavier, 36 ans, chômeur, auto-entrepreneur.

Lily, 25 ans, bac+5, en Service Civique prolongé à 540 euros par mois.

Dimitri, 24 ans, serveur, travaille 50 heures par semaine dont 30 heures non déclarées.

David, 26 ans, chômeur en reconversion professionnelle dans le secteur social.

Nikos, 27 ans, vacataire dans la fonction publique.

L'hiver est fini, le centre d'hébergement ferme : "Où vais-je aller frapper ?"

PARIS — La trêve hivernale est finie, le centre d'hébergement où elle avait trouvé refuge depuis le 1er janvier a fermé ses portes le 15 avril au matin. Depuis que cette jeune rwandaise l'a appris, c'est devenu une obsession : tout faire pour ne pas dormir dans la rue ce soir.

Vendredi matin, le centre ne devait rester ouvert qu'une heure encore. Cette Rwandaise de 26 ans, sans travail, retient ses larmes pour raconter sous couvert de l'anonymat les appels au 115, le numéro d'urgence pour les sans-abris, passés depuis 4H00. En vain. La ligne est toujours occupée.

"Je ne sais pas où je vais aller frapper". En France depuis trois ans, elle n'a jamais eu de chez elle, mais, ballottée de centres d'hébergement en chambres d'hôtel, elle a toujours trouvé une solution pour dormir à l'abri.

Cet hiver, comme une soixantaine d'autres personnes sans domicile fixe, adultes ou mineures, elle a pu loger au Paris Rome, un ancien hôtel de la rue de Provence (IXe arrondissement) transformé en centre d'hébergement d'urgence le temps du plan hivernal d'aide aux sans-abris.

La Ville de Paris, propriétaire du centre, l'a mis à disposition de l'association Aurore en décembre.

En une dizaine de jours, celle-ci l'a remis aux normes, a apporté lits, tables, chaises, nettoyé la salle de télévision, les chambres avec salle de bain. Pari tenu. Le centre a ouvert le 31 décembre 2010. Les personnes accueillies auront pu y rester trois mois et demi, jusqu'au 15 avril, 9H30 précises.

Et après ? "Je n'en sais absolument rien", dit un occupant, calé dans un fauteuil défraîchi.

Ce quinquagénaire qui travaillait dans "l'enseignement et la recherche" s'est retrouvé sans toit il y a trois ans à la suite d'"un problème familial". Depuis, c'est l'errance. "Dix structures au cours des quatre derniers mois". Il est aussi parfois accueilli "par des amis".

"On est toujours dans l'urgence. Or, dans l'urgence, on ne peut pas se repérer. On est perdu", dit-il. Il rêve d'"un peu de stabilité". Mais aujourd'hui, il dit sa "tristesse mêlée à un sentiment d'injustice". Avec la fermeture du centre, "tous les liens qu'on avait tissés, toutes les démarches qu'on avait lancées, sont de nouveau cassés".

"On se sent impuissant, lâche Caroline Chamolt, une éducatrice d'Aurore, les larmes aux yeux. La fermeture, c'est pas facile, on a mal au coeur. Surtout pour les mineurs". Chacun va partir de son côté, elle ne reverra pas la plupart des occupants.

"C'est toujours navrant. Intellectuellement ça n'est pas satisfaisant", reconnaît Bruno Berthelot, directeur du pôle urgence d'Aurore. Mais cette année, les budgets alloués par l'Etat ne sont pas suffisants pour prolonger, même de quelques semaines, l'ouverture du centre.

"C'est du bricolage", s'indigne-t-il.

Chargés de sacs de voyages et sacs plastique, les occupants de l'hôtel se rassemblent dans le hall. C'est l'heure du départ. On parle fort, on s'embrasse. "Good bye, good luck !", les jeunes Afghans hébergés dans l'hôtel sortent sur le trottoir. Derniers échanges avec les éducateurs.

La moitié des habitants de l'hôtel n'avaient toujours pas de solution d'hébergement pour vendredi soir, 15 avril . Surtout pour ceux qui n'ont pas de papiers, pas d'emploi, ou ne parlent pas français.

Jusqu'à la dernière minute, les éducateurs lancent des pistes, appellent centres d'hébergement, associations, pour dénicher un lit.

Il est 10H00. Les jeunes Afghans partent pour l'association France Terre d'Asile, la petite dizaine de femmes pour un centre d'accueil de jour d'Aurore.

Dans les étages de l'hôtel, les membres de l'association sont en plein ménage. L'hôtel doit à terme être transformé en résidence sociale.

( PARIS ) A 115 ans, cette soupe est toujours populaire

« C’est le meilleur rapport qualité/prix de Paris », s’amuse Régis, bénévole de la Soupe populaire du VIe depuis quatre ans. Mais cet ancien directeur général d’une compagnie d’assurances a à peine le temps de parler : il doit apporter du pain sur une table et donner une nouvelle ration de soupe à une autre.

 

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Ici, au 4, rue Clément, dans le VIe, une équipe d’une quarantaine de bénévoles du quartier, de l’étudiant à l’ancien administrateur du Sénat, se relaie tous les jours (sauf le dimanche) pour servir les personnes démunies qui viennent de tout Paris pour ces repas gratuits. Une aide d’autant plus bienvenue que les Restos du cœur ont interrompu ce mois-ci la distribution de colis alimentaires et que les vacances semblent ralentir l’activité.

« C’est l’un des derniers lieux de ce genre dans Paris »

« Nous ne demandons aucun nom et aucune adresse, c’est la règle depuis toujours », indique Jacques Toutain, président de l’association de l’œuvre de la Soupe populaire du VIe depuis 1995. « C’est l’un des derniers lieux de ce genre dans Paris », souligne-t-il. Aucune subvention, aucune aide, mais une liste de 800 donateurs de l’arrondissement qui permet de faire face aux besoins.

Tout a commencé en 1894, à l’initiative de commerçants qui ont offert les premiers repas aux nécessiteux, rue de Buci. « En 1900, ils servaient la soupe dans deux grosses roulottes à plus de 700 personnes », raconte Jacques Toutain. En 1915, un local s’ouvre au 4, rue Clément, l’actuelle adresse de la Soupe. « Nous y avons fait de gros travaux. Et depuis dix ans, nous avons pu acheter le restaurant », se réjouit-il. Désormais, la Soupe populaire est propriétaire de ses murs, n’en déplaise à quelques voisins grincheux. « C’est vrai que, de 11 heures à 13 heures, des petits attroupements se forment dans la rue en attendant que tout le monde soit servi, reconnaît-il. Mais c’est pour la bonne cause. »

Dans ce restaurant à la vitrine rouge, Aurora assaisonne le contenu de ses immenses marmites avec adresse (voir ci-dessous). Quatre ou cinq bénévoles assurent le service et la mise en place. Et tout doit aller vite. « Notre cuisine est excellente, mais chacun doit manger dans les temps », précise Christine, qui assure le placement : 34 places à l’intérieur, quatre services en deux heures. Tout est réglé comme du papier à musique pour un total de 136 couverts. Quand les « amis » font leur entrée, de jolies gamelles sont à chaque place : la soupe en premier, puis le plat de résistance (pot-au-feu, bourguignon, cuisses de poulet ou pâtes bolognaise…) et un gâteau pour finir. Marcel est un habitué. A 62 ans, il touche le RSA et vient tous les jours depuis un an.

« J’arrive d’Orly. Là-bas, il n’y a rien. Et ici, c’est particulièrement bon. » D’autres habitués des pays de l’Est se retrouvent à la Soupe populaire en groupe, comme ces maçons roumains qui viennent à sept et attendent patiemment leur tour sous les arcades du marché Saint-Germain.

Ici, la Soupe populaire est une véritable institution. « Dans le VIe, on a à la fois le temps, les moyens financiers et l’envie de participer à cette activité », reconnaissent les membres de l’équipe du jour. Pierre, l’opticien du coin, 80 ans, est un fidèle depuis 1962 et ne lâche pas prise. Voilà une affaire qui tourne!

 

source : le parisien

 

Rodez. L'hébergement d'urgence est saturé

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La préfecture est on ne peut plus claire. « Le dispositif d'accueil des sans-abri est complètement saturé, d'autant plus qu'il faut reloger ceux qui ont bénéficié du dispositif hivernal. » Autant l'hiver s'est bien passé, dans le domaine de l'hébergement des sans-abri, autant avec la fin de la trêve hivernale, le 31 mars dernier, la question est devenue dramatique. Il n'y a plus une seule place.

Il n'y a pas d'exception à l'impossibilité d'hébergement. Que vous soyez homme, femme, enfant, femme enceinte, âgé, handicapé, etc., c'est la fin de non-recevoir.

En Aveyron et à Rodez, le dispositif d'hébergement est pourtant conséquent : soixante places pour les demandeurs d'asile, quarante-huit pour l'insertion sociale, huit places dites « de stabilisation », vingt en maisons relais pour le logement transitoire, cent soixante pour les personnes en attente de logement fixe, vingt places pour les personnes en statut de réfugiés, le tout sans compter le logement mis à disposition par les communes.

Une année noire

Les responsables de l'hébergement d'urgence sont d'accord pour reconnaître que cette année est exceptionnellement engorgée, mais pourquoi donc ? Sous couvert d'anonymat, certains des responsables des structures d'hébergement dénoncent la saturation des départements limitrophes de l'Aveyron, avec un effet de déversoir.

Sur le terrain, la situation devient paroxy-stique. Au foyer Sainte-Thérèse, le Service d'accueil et d'orientation (SAO), qui accueille les situations d'exclusion ou en passe de l'être, est plus que débordé. « Au 1er avril, nous avons accueilli cette année vingt-sept familles soient soixante-huit personnes », explique Sandrine Mazenq, chef du service SAO. « L'an passé, c'était neuf familles à la même époque, et la moyenne annuelle est de dix. Nous sommes absolument débordés, et nos moyens financiers ne sont pas extensibles. Nous regrettons de ne pas pouvoir appliquer notre principe d'inconditionnalité de l'accueil. »


Le Collectif des réfugiés s'indigne

Les syndicats, associations et partis politiques membres du Collectif des réfugiés de Rodez s'indignent de la situation des sans-papiers à la rue. « Le droit au logement est un droit fondamental ; les étrangers même sans papiers sont des êtres humains ». Le collectif compte réagir et en appelle « à l'État, à la région, au département et aux mairies pour faire fonctionner les structures d'accueil, pour qu'elles ne soient pas obligées de mettre des gens à la rue par manque de financement. » Et de conclure : « Donnons aux demandeurs d'asile un logement et le droit de travailler. »

 

source: ladepeche.fr

( LYON ) Témoignage : le centre d’hébergement d’urgence au quotidien

Depuis plusieurs mois, je travaille dans une association lyonnaise qui accueille et oriente chaque année des milliers de personnes en grande difficulté sociale, et privées d'accès au logement. Je suis éducateur dans un centre où se bousculent 200 hommes isolés. Par respect pour ma clause de confidentialité, je ne donne aucun nom, ni celui de la structure, ni ceux des hommes ; je vous raconte simplement ce qu'est une journée en centre d'hébergement d'urgence.

« Vous savez d’où vient le mot clochard ? Non ? ça vient de la cloche, parce qu’au XIVe siècle, les mendiants allaient trouver le prêtre du coin et lui demandaient de sonner pour les pauvres. Ça vient de là ». Il est 15h10 ce jeudi, en salle de réunion, dans une grande structure d’hébergement d’urgence à Lyon. Pascal[1], sans domicile depuis une dizaine d’années, a pris la parole le premier, pour lancer la « synthèse » le concernant. Seize travailleurs sociaux et médicaux assis autour d’une table, et lui au milieu de tous ces visages, connus pour la plupart. Il est sale, fatigué, un peu alcoolisé et, malgré son charisme de rue, pas très à son aise. On retrace sa vie, son parcours, ses déchirures, son mal-être, ses projets. Projets ? Un terme un peu décalé, quand on a bientôt 60 ans et une vingtaine d’années d’errance au compteur. Et ce jour là, le dit projet, c’est une cure, et une mise au vert. Pour Pascal, c’est la énième tentative du genre ; il avait tenu neuf ans la première fois, mais depuis, les choses ont changé ; il est devenu un pilier de la rue et du 7e arrondissement, une figure, et il n’a pas envie de quitter ce monde. Lorsqu’un éducateur lui pose la question, il l’élude d’un revers de la main. Il en a assez entendu, il est fatigué. Il remet son bonnet, et quitte la pièce d’une démarche mal assurée. En bas, deux ou trois comparses l’attendent ; il est plus de 16h, et Pascal retourne là où il va souvent, boire un coup, pour quitter un peu ce foyer où il a surement trop de repères.

 

 

suite  de l article sur  agoravox.fr

Comment Philippe, SDF depuis vingt ans, ne vit plus dans la rue

Il s'est rasé la barbe, porte une fine moustache et n'a plus cette odeur de rue des dernières fois. Depuis un mois, Philippe a un toit.

 

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Philippe a fixé le rendez-vous au métro Riquet, dans son nouveau quartier du XIXe arrondissement de Paris. Le chahut de l'avenue de Flandres est assourdissant. Nous marchons jusqu'à la première terrasse engageante.

Philippe est sidéré de voir réapparaitre le canal de l'Ourcq au bout de la rue. Il n'est jamais venu ici. Découvrant ces espaces dégagés, la promenade et la brochette de bateaux à quai, il lâche :

« Il y a assez de place ici pour planter des tentes. »

Puis il se ravise :

« Avec ce grand hôtel qu'il y a là-bas, les gens se feraient virer. »

Depuis huit ans, Philippe dormait sous un remblai face à l'église Saint-Eustache, dans le quartier des Halles (Ier arrondissement). Chaque matin, il se délestait de son duvet dans une bagagerie pour SDF. L'hiver a été long et particulièrement dur pour le quinquagénaire. Il a échappé aux nuits les plus froides en se refugiant dans un gymnase ouvert par la mairie.

« Parfois, j'allais à droite, à gauche, quand on me proposait ou dans une église où je connais des gens. »

« Putain, ce soir, j'ai un endroit où dormir »

Aujourd'hui, Philippe vit dans une chambre d'hôtel meublée. Elle fait 15 m2 : un lit, une armoire, une douche, des toilettes, un évier. La direction de l'hôtel interdit les visites mais Philippe s'en moque : avec cette chambre, il a retrouvé la sensation d'être en sécurité. La présence d'une porte qui ferme permet de dormir à poings fermés.

« Ça fait un mois que je me couche à 22 heures et que je me lève à 13 heures ! »

 

suite sur RUE89

 

lundi, 11 avril 2011

Joël, avocat des riches qui invente des pancartes pour SDF

Son écriteau « Je pourrais être votre grand-mère » a fait le tour de Paris, changé sa vie et inspiré un court-métrage.

 

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Charles Mouloud et lui ont eu le coup de foudre au premier coup d'oeil. Le même sens de la formule, le même goût des autres. Merci à lui de nous avoir présenté Joël Catherin, premier d'une série que Rue89 souhaite consacrer à ses « héros ordinaires » que nous espérons longue.

L'avocat parisien sait le poids des mots. Quand je viens chez lui écouter son récit, il bloque sur le terme « héros ». Bon signe. Joël ouvre un dictionnaire :

 »– « Démiurge, demi-dieu »… aaaah non, surtout pas.
– « Personnage principal d'une oeuvre de fiction »… oui, c'est vrai.
– « brave, protagoniste »… ça, j'accepte. »

Pour lui, un héros, c'est un personnage comme son oncle, prêtre en Algérie depuis 1969. « Il vit comme les moines de Tibhirine, ceux du film “Des hommes et des dieux” ». Ce regard-là pèse sur lui, le forçant à beaucoup d'humilité.

 

Un petit film très remarqué

Joël est le « héros » d'un court-métrage de fiction « Je pourrais être votre grand-mère », l'histoire presque vraie de ses pancartes donc. Il en a co-écrit le scénario, a prêté son appart pour le décor, fait jouer les SDF de son quartier, mais n'a pas voulu jouer son propre rôle.

La fiction exagère un brin sur le coté avocat-qui-se-pose-des-questions, le méchant qui devient gentil parce qu'il rencontre la déshéritée en bas de chez lui.

C'est la force du cinéma, c'est ce qui a permis au film d'obtenir de nombreux prix et d'être bientôt diffusé sur France 3. Pour le vrai Joël, héros ordinaire, ce film lui donne une légitimité auprès de ceux « qui [le] prenaient pour un mec bizarre avec ses histoires de pancartes pour SDF ». (Voir la bande-annonce)

 

suite sur le site  :  RUE89